• Interview d'Hervé Morin à Nice-Matin

    Vous déclarez être plus déterminé que jamais à vous déclarer candidat, mais vos troupes ne semblent pas du même avis. Comprenez-vous ces résistances ?

    Le Nouveau Centre a tenu mercredi son bureau politique, et la position de notre parti est sans équivoque : à l’exception d’une ou deux individualités, l’immense majorité du parti m’a apporté son soutien.

    Vous croyez donc toujours en vos chances ?

    Je présenterai le projet du Nouveau Centre en novembre et je ne peux pas croire, au moment où la France vit une telle crise morale et économique, que la solution soit de renoncer à porter une offre politique nouvelle. Quelle serait la légitimité d’un parti refusant de porter ses valeurs et son projet politique devant les Français ? Quelle serait la légitimité des parlementaires à revendiquer un message politique distinct si, en permanence, nous nous cachons derrière le plus fort ?

    Le député UMP Jacques Myard a déclaré à propos de votre candidature : "Même pas la peine d’en parler, il faut être sérieux". Ça vous énerve ?

    Je trouve que c’est plutôt bon signe quand dix parlementaires, dans une même dépêche, s’expriment pour dire du mal de vous. C’est que vous ne laissez pas complètement indifférent.

    Pourquoi seriez-vous plus légitime que Jean-Louis Borloo pour vous opposer à Nicolas Sarkozy ?

    Mais nous étions tous deux légitimes, là n’est pas la question. Si je souhaite être candidat, c’est pour proposer aux Français un certain nombre de propositions pour transformer le pays, et je serai le garant et le gardien de ces propositions le soir du premier tour. Les choses doivent être claires : il n’y aura pas de soutien automatique. Si je ne suis pas au second tour, nous soutiendrons le candidat de droite, mais dans le cadre d’un contrat de législature et de gouvernement qui reprendra un certain nombre des propositions auxquelles auront adhéré nos électeurs. Je souhaite par exemple que le candidat du second tour s’engage sur des réformes pour rendre la république irréprochable.

    Quelles réformes imposerez-vous ?

    Cette République irréprochable doit s’inscrire dans nos lois et pas seulement dans nos têtes : je souhaite par exemple que toute personne condamnée pour un délit politico-financier soit inéligible à vie. Mais il faut aussi supprimer le cumul des mandats, édicter des règles pour que le capital des sociétés de presse ne soit pas détenu par des entreprises ayant des intérêts avec l’État, pour empêcher les conflits d’intérêt entre mandat politique et activités du privé. L’école doit évidemment être une autre priorité à travers une révolution des structures et du système. Enfin, il faut un vrai plan pour une reconquête économique, que la France redevienne un pays de production que l’on donne aux PME les moyens de porter la croissance.

    Qu’est-ce qui vous éloigne aujourd’hui de Nicolas Sarkozy ?

    Je suis fier d’avoir participé à un gouvernement qui, malgré la crise, a su mener des réformes importantes et utiles aux Français. Mais j’ai aussi assisté aux dérives monarchiques qu’a produit la concentration des pouvoirs au sein de l’exécutif. Nous aurions évité bien des erreurs si la majorité avait été plus diverse. Sur des sujets tels que le logement, l’égalité homme-femme, refaire de la France un pays d’entreprises, nous avons des propositions qui n’ont jamais été retenues par la majorité et que je veux défendre. Nous n’avons cessé durant quatre ans d’évoquer le danger que représentaient les déficits budgétaires et, à chaque fois, le gouvernement nous a renvoyés dans nos buts.

    Sarkozy est-il toujours le bon candidat de la droite ?

    C’est une question qui relève de l’UMP. Mais, pour moi, il sera candidat.

    Voterez-vous pour Sarkozy au second tour ?

    Personnellement, je veux une démocratie plus équilibrée. Je veux être celui qui sera capable de poser des garde-fous et de porter ces propositions qui devront être reprises entre les deux tours dans un contrat de gouvernement. Il ne s’agit pas d’un ralliement des hommes, mais bien d’un accord à partir d’un projet commun.

    Vos propositions sont proches de celles de François Bayrou. Pourquoi ne vous alliez-vous pas ?

    Parce que François Bayrou continue à être dans le flou politique. Je pense que la politique nécessite de la clarté et la clarté, c’est la clarté des alliances. Voter François Bayrou, c’est voter socialiste : François Bayrou appellera à voter François Hollande, cela ne fait aucun doute. Il a trop de mépris pour Nicolas Sarkozy pour appeler à voter pour lui.

    Pourquoi, selon vous, le centre ne peut-il être que de centre droit ?

    Parce que la bonne administration de l’État et la liberté d’entreprise sont des valeurs que je partage avec la droite.

     


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